Le Drive Local, l’application du “manger bon”

0

Le groupe Hopps s’associe à la start up aixoise Getbigger pour lancer “Le Drive Local”, une interface ultra simplifiée pour mettre en relation petits producteurs et consommateurs.

Quand ils ont une idée en tête qui pourrait secouer le marché, le co-patron de Hopps Group (anciennement Colis Privé) Frédéric Pons et son complice Eric Paumier n’hésitent pas à dégainer les premiers.

Ces serial-entrepreneurs spécialisés dans la reprise d’entreprises ont constitué en quelques années un groupe qui rassemble des marques purement nationales (Watts, Pataugas, Dispeo) autour d’une ambition du “consommer local”. La marque de livraison du groupe, Adrexo, quadrille le territoire, et son réseau HoppStore lancé l’an dernier préfigurent une vraie volonté d’enracinement territorial.

Hopps, une histoire française

Ces temps d’incertitude et les demandes répétées de ses clients de la grande distribution pour des solutions de livraison locales leurs ont inspiré une nouvelle idée : le “Drive Local”.


Comme un nouveau pied de nez à la mondialisation, celle-là même qui a permis au désormais fameux virus Covid 19 de s’étendre et bouleverser profondément la vie de 7 milliards d’humains, ce nouveau service part d’un constat simple : les consommateurs sont en recherche de proximité et de “bien manger” et les petits commerces et producteurs locaux de débouchés.

Certes, il existe déjà des outils permettant de trouver des petits producteurs près de chez soi, mais aucun ne permet de commander en un seul panier des produits locaux variés, sans frais supplémentaires. Soit le choix des produits est limité, soit il faut s’engager ou s’abonner. 

Pour lancer ce nouveau service, Hopps s’est associé à la start up Aixoise Getbigger (découvrir la genèse du projet ici), auteur d’un outil d’agrégation d’offres logistiques pour les e-commerçants.

Le projet initial de Getbigger est de permettre aux e-commerçants de rivaliser avec les plus grands en leur donnant accès aux grandes plateformes logistiques à moindre coût.  Thomas Geissmann, le fondateur, explique avoir commencé à embarquer des clients sur sa solution, dont l’évolution a été arrêtée nette par la crise déclenchée par le Covid-19. Cela n’a pas refroidi la start up qui s’est mis à travailler jour et nuit sur le projet “Le Drive Local”. “C’est l’avantage de l’agilité”, précise  Thomas Geissmann. “Un projet est mis en sommeil, nous réfléchissons immédiatement au suivant”, ajoute-t il. 

Le Drive Local a été lancé en 15 jours. L’outil se veut ultra-simple à la fois pour les commerçants et les clients. Frédéric Pons, qui avoue être particulièrement motivé par le projet au point d’en être réveillé ces derniers matins à cinq heures, aspire à en faire “Le bon coin” du commerce local.

Le Drive Local, comment ça marche ?

Le consommateur peut commander ses produits chez les commerçants et producteurs locaux via le site mobile ou l’application (disponible sur Android et iOS).

Le point de départ est l’adresse du client. Une fois celle-ci détectée ou renseignée, il fait ses courses virtuelles dans les différentes “boutiques” proposées : il va prendre son pain, un peu de viande, des fruits, etc… le tout dans un seul panier. 

Il a ensuite le choix entre deux options pour récupérer ses achats :

  • Les retirer chez le commerçant ou le producteur (dénommé “drive” pour l’occasion)
  • Se faire livrer le soir même pour un forfait de 5.90 € maximum.

Certains commerçants peuvent décider de contribuer aux frais de livraison. Cela permet à un client qui commande dans plusieurs “Drive Local” de voir ses frais diminués jusqu’à 2-3 €. 

Le paiement se fait sur l’application ou le site, et le commerçant reçoit la commande par email.

Une notification prévient le client que sa commande est disponible ou en cours de livraison.

drivelocal1 - Le Drive Local, l’application du “manger bon”

Nicolas Macherey de Getbigger qui a construit l’univers logiciel du Drive Local indique avoir travaillé en deux étapes : d’abord sur l’environnement consommateur puis celui du commerçant. L’inscription du professionnel se fait en moins de 15 minutes même si il a peu de connaissances. Quand l’embarquement a été validé, il a accès au back-office de la plateforme qui lui permettra d’ajouter et de gérer facilement ses produits et ses stocks.

Les avantages du concept paraissent évidents : le consommateur a le choix, le service est gratuit et le paiement simplifié. C’est aussi une opportunité pour les producteurs et commerçants de rafraîchir leur méthode de vente, de conquérir de nouveaux clients et de s’offrir une nouvelle vitrine sans débourser un centime.

2,5 commandes par client et par mois

Le concept a d’abord été testé à Aix en Provence sur 40 commerces (avec, entre autres, des boulangeries et supérettes, des fabricants de saucisson, de fromage de chèvre et même une brasserie artisanale !) et 3000 consommateurs. L’implantation est en cours dans les villes alentour avant de s’étendre sur tout le territoire. 

Les partenaires du Drive Local comptent sur le bouche à oreille pour ouvrir la plateforme à de nouveaux commerçants et producteurs. Frédéric Pons indique en effet ne pas vouloir mettre en place de solution de commercialisation pour conquérir de nouveaux drive car le service doit rester entièrement gratuit.

Selon les premières remontées avancées par les associés du projet, commerçants et consommateurs semblent enthousiastes à l’égard de cette solution. Les vendeurs attendaient un outil simple pour permettre d’exposer leurs produits sur la toile et les clients un outil d’intermédiation leur donnant un accès simplifié à la production locale. 

Aussi, le taux de commande par client relevé lors du test est excellent avec en moyenne 2,5 commandes par mois. Ceci étant, le chiffre est sans doute faussé par l’effet “confinement” qui a entraîné une croissance explosive – et sans doute ponctuelle – du e-commerce.

Le “manger bon” accessible

Hopps revendique clairement la vocation sociétale du projet. Aucun frais n’est facturé aux “drive” ni aux clients, sauf l’éventuelle livraison. Frédéric Pons indique qu’il veut rendre le “ manger bon” accessible et faire marcher le commerce et l’artisanat locaux. Une sorte d’alternative à une forme de commerce alimentaire industriel de plus en plus remis en question par les consommateurs.

En effet, pourquoi limiter le concept du drive aux seules enseignes de la grande distribution ?

Le modèle économique repose selon Frédéric Pons sur les futurs gains réalisés sur la prestation de livraison. “Nous ne facturons ni abonnement ni commission sur les ventes, notre point différenciant est la gratuité et c’est pour nous un principe très fort du projet”, indique Thomas Geissmann qui, philosophe, ajoute “On ne prétend pas changer le monde, mais on essaye de suivre son évolution, et de contribuer à ce changement.”

Côté développement, l’ambition est de couvrir la France très rapidement avec l’objectif de 1.000.000 de commandes par mois d’ici la fin de l’année. Une fois qu’il y a suffisamment de commandes dans une ville, un livreur venant de la filiale Adrexo est dédié au service. Enfin, les dirigeants souhaitent rapidement pouvoir proposer la livraison dans leur relais HoppStore qui seraient pour l’occasion équipés de chambres froides.

L’avenir dira si ce projet fou, lancé en quelques heures, lors d’une période très particulière et avec un objectif si ambitieux saura convaincre consommateurs et producteurs.

J’achète, et vous ?

DONNEZ VOTRE AVIS SUR L'ARTICLE

Please enter your comment!
Entrez votre petit nom