Manuel Valls : le Web et l’eCommerce reconnus d’utilité publique

par Romain Boyer - Il y a 3 ans

ATTENTION, cet article date du 1er avril 2015, il n’est pas impossible que son contenu soit lié à la date de publication

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Entretien exclusif avec Manuel Valls à l’occasion de la journée de l’eCommerce. Il revient sur les différents choix effectués par le gouvernement sur l’eCommerce et tient à montrer son encouragement pour ce secteur porteur.

M. le Premier Ministre, merci de nous accueillir, cet accueil prouve le profond intérêt du gouvernement pour le secteur du Web et plus particulièrement pour l’eCommerce ?

Naturellement, l’eCommerce, c’est près de 100.000 emplois créés chaque année, et le secteur représente près de 10% des achats de détail. 70% des marchands prévoient de recruter donc c’est naturellement un secteur que nous souhaitons soutenir.

Et on comprend pourquoi : sur Internet, tout est gratuit, il suffit de 2 minutes à n’importe qui, sans compétence particulière, pour ouvrir une boutique et vendre des milliers de produits partout dans le monde, ce qui explique que ce marché soit extrêmement porteur.

La gauche est d’ailleurs fière du succès de l’essort du Web et du eCommerce intervenu sous un gouvernement de gauche à la fin du siècle dernier.

L’ensemble du gouvernement y trouve son compte : le ministère de l’écologie se félicite du covoiturage des achats de détail et de la réduction des émissions de CO2, le ministère de l’industrie se félicite que La Poste ait pu être sauvée par ce biais, le ministère de l’économie a découvert de nouvelles niches de taxation, et le ministère du budget se félicite des économies réalisées. Imaginez que nous pouvons désormais bénéficier grâce à des plateformes en ligne de recherches de compétences d’expertises économiques de personnes situées à l’île Maurice ou au Bengladesh, via Skype, à un tarif qui défie toute concurrence. Nous avons ainsi réduit le budget de 400.000€ par an et par conseiller à 16€. Seul inconvénient, nous avons parfois des interférences et nous retrouvons parfois avec un interlocuteur américain au bout du fil, mais en raccrochant et en rappelant, cela fonctionne de nouveau ; l’économie générée en vaut la chandelle.

Pourtant, les gouvernements successifs ne semblent pas particulièrement désireux d’aider ce secteur d’avenir, malgré tous ces bons chiffres, pourquoi ?

Le secteur se porte bien, et étant un petit pays (7% de la taille des Etats-Unis), nos entreprises n’ont pas besoin d’avoir la taille des entreprises des Etats-Unis par exemple ; elles ont déjà atteint une taille suffisante et le besoin de progression est relativement limité. De fait, les entreprises doivent contribuer à l’effort national et nous faisons en sorte que ce secteur aide les autres secteurs, c’est un principe français, une valeur de la République que nous ne pouvons ignorer.

Par ailleurs, une croissance trop rapide risquerait de devenir incontrôlable, nous devons nous assurer que les perceptions suivant la croissance, d’où le besoin de maîtriser celle-ci. Regardez Dailymotion, si des fonds étrangers étaient arrivés pour un rachat, il y aurait eu un risque d’évasion fiscale, d’où la très bonne intervention de M. Montebourg pour éviter cela.

A ce propos, le manque à gagner sur la TVA non perçue des géants étrangers pour leur activité en France représente plusieurs milliards d’euros, quelle est l’intention de la France à ce sujet ?

Nous préférons nous assurer que ces plateformes, qui emploient en France et font gagner du pouvoir d’achat aux français, puissent prospérer et se sentent bien en France. Nos entreprises françaises du secteur sont souvent beaucoup moins stables, et nous ne savons pas si elles seront encore là demain donc nous devons nous assurer que les entreprises étrangères prospèrent sur le sol et le Web français.

L’eCommerce a la réputation de mettre les boutiques physiques à mal, qu’en pensez-vous ?

Le gouvernement a décidé en conscience pour freiner la fermeture des boutiques physiques d’inventer le retrait des achats en magasin, c’est un merveilleux moyen qui permet de faire co-exister les deux. Le Web permet ainsi d’avoir les informations nécessaires pour aller réaliser son achat en magasin en toute sérénité.

62% des internautes achètent des voyages en ligne, avez-vous une analyse ce succès ?

Nous avons analysé une explosion depuis quelques années et notamment depuis l’avènement de Facebook des voyages vers le Moyen-Orient. C’est bien la preuve qu’il faut impérativement laisser ces entreprises américaines prospérer sur le sol français et qu’il faut surtout éviter de trop intervenir, sous peine de limiter cette progression.

Merci M. Valls, nous comprenons désormais bien mieux la politique du gouvernement.

(chiffres Fevad)

 

 

 

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Petit Bonus : j’ai également posé la deuxième question à Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement.

Ecoutez, je crois qu’il faut être honnêtes, on ne peut pas continuer plus longtemps à se voiler la face en disant des demi-vérités.

C’est pourquoi je vais être tout à fait transparent avec vous, en vous donnant le fond de ma pensée, qui n’a d’ailleurs pas changé depuis ma précédente intervention, laquelle avait été d’ailleurs largement contestée sans raison par mes confrères de droite. Confrères qui semblent d’ailleurs oublier leurs propres manquements sur le sujet alors même que la cour de cassation a récemment rejeté un pourvoi sur le fondement l’article onze-cent-quatre-vingt-deux-mille-sept-cent-deux condamnant ainsi largement les auteurs de tels faits.

Mais je ne suis ici pour accuser personne et n’entends certainement pas digresser et vais donc m’attacher à vous répondre sans langue de bois, de la plus ouverte et transparente des manières.

En effet, il faut dire la vérité aux français. Car les français ne sont pas des imbéciles, ils savent bien ce qu’il se joue ici.

Les français n’ont que faire des chiffres qui leur sont servis tous les jours par des journalistes à la botte du parti opposé, car ces chiffres sont, ils le savent, largement manipulés et ne veulent plus rien dire, c’est pourquoi je m’attache ici à vous présenter les faits concrets, que chacun pourra comprendre de la façon la plus objective qu’il soit.

Car les français ont besoin d’informations et de réponses concrètes à leurs questions ; des questions que j’entends régulièrement quand je vais à leur rencontre dans ma circonscription de province, où, la « France d’en bas » comme on l’appelle, que je rencontre lorsque je vais sur les marchés, et qui me glisse à l’oreille sans arrêt à quel point la situation actuelle leur pèse et les effraie. Une situation que l’élite parisienne ne parvient visiblement pas à mesurer la gravité sans sortir de son carcan doré.

Vous savez, moi je ne crois pas que l’on puisse répondre à votre question sans aller vraiment dans les détails, ce que je m’attache ici à faire car on ne peut pas dire les choses à moitié. Et moi je connais bien la réalité des choses et je suis crédible pour les dire car j’ai de vrais résultats dans ma circonscription.

Le débat parlementaire ne doit pas être mis de côté et les questions qui doivent être posées seront posées en laissant de côté les politiques partisanes, il faut avoir le courage de répondre aux problématiques réelles des français.

Vous allez me dire que je caricature mais je voudrais faire quelques remarques pour la clarté du débat, et je vous le dis d’autant plus tranquillement que j’ai moi-même mené une étude sur le sujet récemment. Je le dis en toute sincérité, il ne peut en être autrement. Je vais d’ailleurs vous donner un exemple d’un petit couple de retraités de la SNCF que j’ai rencontré la semaine dernière, qui étaient dans cette situation et qui en avaient pleuré devant moi.

Bref, nous avançons avec des propositions concrètes et je suis très fier de faire partie de l’équipe en charge de ce projet ; je m’y donne corps et âme, c’est pourquoi mon avis est aussi tranché ; d’ailleurs, jamais une position n’avait été aussi claire sur le sujet.

Romain Boyer

Romain BOYER travaille pour des startups eCommerce depuis 2005. À cheval entre la technique et la stratégie, cet adepte des tableaux de bord croise toutes les données pour en extraire ses priorités. > Suivre Romain sur Twitter : @RomainBOYER > Son poste : Product Owner eCommerce chez Doctipharma.fr

4 Commentaires

4 réponses à “Manuel Valls : le Web et l’eCommerce reconnus d’utilité publique”

  1. « Le gouvernement a décidé en conscience pour freiner la fermeture des boutiques physiques d’inventer le retrait des achats en magasin, c’est un merveilleux moyen qui permet de faire co-exister les deux. »

    A mourir de rire, c’est une fonction de base que l’on a mis en place en … 2001 ! Ils ont juste 14 ans de retard…

  2. Jh Delhaye dit :

    C’est une interview réelle?! Ce sont vraiment les réponse de Manuel Valls? C’est terrifiant…

  3. vero dit :

    Bonjour. Excellent ce poisson d’avril. On se croirait un peu aux Guignols, surtout à la lecture de l’itw de Le Foll. Croustillante initiative 🙂

  4. hanna dit :

    Parfois j’ai l’impression que le gouvernement a quelques temps de retard…

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