Aux États-Unis, DoorDash est devenu le premier marketplace de grocery et retail en volume de commandes en 2025. CommerceIQ, une plateforme de gestion retail media connectée à Amazon et Walmart, annonce l’intégration des campagnes DoorDash Ads. Les marques CPG (Consumer Packaged Goods) pilotent leurs budgets sur trois régies (Amazon, Walmart, DoorDash) depuis une seule interface. L’info est américaine, mais le mouvement est global : Uber Eats développe aussi sa régie en France. La vraie question n’est pas « faut-il tester DoorDash ? » mais « comment ne pas perdre le fil de ses campagnes ? ».

CommerceIQ ajoute DoorDash : un signal pour le delivery retail media
L’intégration permet de gérer les campagnes DoorDash Ads depuis le même tableau de bord qu’Amazon et Walmart. CommerceIQ utilise AllyAI, un moteur qui croise plus de 50 signaux (trafic, prix, disponibilité) pour optimiser les enchères. L’outil cherche à remplacer l’optimisation au ROAS (Return On Ad Spend) par une logique d’incrémentalité multicanal. Plus une marque multiplie les régies, plus elle doit savoir si un euro dépensé sur DoorDash n’a pas cannibalisé une vente Amazon ou DTC (vente directe).
Plateformes de livraison : le prochain terrain publicitaire en France ?
DoorDash n’est pas actif en France, mais Uber Eats suit la même trajectoire avec ses formats sponsorisés. En France, le delivery ads en est à ses débuts, peu de marques y investissent. Mais le pattern américain montre que ce canal grimpe vite : DoorDash comptait 400 000 annonceurs fin 2025. Un marchand français déjà sur Amazon et Google SEA peut trouver prématuré d’ajouter Uber Eats comme canal. Le vrai coût reste le temps perdu à jongler entre les interfaces.
Le vrai dilemme : consolider ou attendre ?
Les outils de consolidation retail media promettent un tableau de bord unique et une optimisation cross-canal. Mais en France, le delivery ads n’a pas la masse critique qui justifie un abonnement à CommerceIQ (non disponible en Europe). La position pragmatique : pour les marques qui investissent déjà plusieurs dizaines de milliers d’euros par mois en retail media Amazon et Google, il est temps de documenter le temps passé à gérer chaque régie. Si ce temps justifie un outil, tester une solution européenne ou un connecteur no-code fait plus de sens.
Prenons une marque d’épicerie fine sur Amazon, Google Shopping et Uber Eats. Son équipe acquisition passe quatre heures par semaine à extraire les rapports, les consolider et ajuster les enchères. Un outil coûterait plus cher que le temps économisé. Le seuil de rentabilité, c’est quand l’équipe passe plus de deux jours par semaine sur cette gestion multi-plateforme. D’ici là, mieux vaut surveiller l’évolution du delivery ads français.