La Fevad a publié le 2 juin 2026 son indicateur sur le montant moyen d’une transaction en ligne en France. Le signal est net : le panier moyen global recule de 5 %, avec une baisse de 7 % sur les services et de 3 % sur les produits. Il reste 10 % au-dessus du premier trimestre 2021, mais la dynamique n’est plus celle de l’inflation.

Notre position est simple : les marchands doivent prioriser un audit des seuils commerciaux, pas paniquer sur la demande. Un panier moyen qui descend ne dit pas seulement que les clients achètent moins cher. Il peut aussi révéler des arbitrages plus fins : achats fractionnés, promotions plus utilisées, catégories moins premium, ou frais de livraison qui coupent l’ajout d’un produit complémentaire.
Produits à -3 %, services à -7 % : le panier moyen ne raconte pas la même histoire partout
La baisse des services est la plus visible, notamment dans le transport, le tourisme et les loisirs. Côté produits, le recul de 3 % reste plus contenu, mais il touche directement les marchands qui pilotent leur rentabilité par seuils : livraison offerte, remises par palier, bundles, cadeaux, paiement fractionné.
Le piège serait de lire ce chiffre comme une simple statistique macro. Une boutique mode avec 58 € de panier moyen n’a pas le même problème qu’un site maison à 140 €. La première doit protéger le deuxième article ajouté au panier. Le second doit surveiller les remises automatiques qui mangent déjà la contribution.
Le seuil de livraison gratuite mérite un vrai test, pas un réflexe défensif
Un seuil de livraison gratuite trop haut peut augmenter le panier moyen tout en détruisant la conversion. Un seuil trop bas peut gonfler le volume et abîmer la marge. La baisse publiée par la Fevad oblige à refaire le calcul avec des données récentes, pas avec les hypothèses de 2024 ou 2025.
Prenons une boutique d’équipement maison qui offre la livraison à 79 €. Elle peut tester pendant trois semaines un seuil à 69 € sur 50 % du trafic, uniquement sur les catégories où la marge brute dépasse 45 %. Le test doit suivre quatre chiffres : taux de conversion, panier moyen, coût transport par commande et marge nette par session. Si la marge nette par session gagne au moins 5 % sans hausse des retours, le seuil plus bas mérite d’entrer dans la roadmap commerciale.
Le sujet 2026 : défendre la marge quand le client arbitre plus vite
La baisse du panier moyen ne condamne pas la croissance e-commerce. Elle rappelle surtout que les vieux automatismes commerciaux deviennent dangereux. Ajouter une promotion générale pour compenser un panier plus faible revient souvent à payer deux fois : moins de montant par commande, puis moins de marge.
Chez info-ecommerce, on préfère une réponse plus chirurgicale : recalculer les seuils, renforcer les bundles utiles, isoler les catégories qui perdent du panier et arrêter les remises qui ne créent pas de commande incrémentale. Le panier moyen baisse. La discipline commerciale, elle, doit monter.














