Tag : rentabilité

Le E-commerce va t’il devenir un produit d’appel ?

par Benoit Gaillat - Il y a 3 ans

Petite réflexion dominicale (note : du dimanche pour ceux qui sont toujours en vacances et oui j’ai noté que nous étions déjà lundi) que je souhaiterai partager avec vous : Le e-commerce va t’il devenir un produit d’appel ? 

marge commercialeJe m’explique : la rentabilité des sites e-commerce, y compris (voir surtout) des plus gros est extrêmement marginale, en citant par exemple : Cdiscount, Rueducommerce, Amazon, Les sites du groupe Rocket Internet et, même si les résultats semblent s’améliorer, Amazon se fait toujours retoquer en bourse pour être, encore une fois, non rentable.Un très bon dossier est disponible sur le JDN ici même sur le sujet donc passons à la suite.

Bref, vendre des produits avec des coûts d’acquisition démentiels (15 à 25% du CA), des frais logistiques extrêmement élevés (entre 15 et 25% du CA également) et une concurrence monstrueuse semble compliqué. De nombreux sites de niche se débrouillent très bien ne vous en faites pas mais là on parle de l’avenir des « gros e-commerçants ».

Donc la rentabilité est compliqué en vendant des produits, c’est pour ça que de nombreux gros sites e-commerce se positionnent en tant que marketplace et tentent d’augmenter ainsi leur rentabilité. D’après Mirakl 50% de la rentabilité de Fnac.com vient de la marketplace. Le produit devient donc de moins en moins important dans le métier du « gros e-commerçant » qui se concentre plus sur la technique : marketplace, système de paiement (la carte Cdiscount) , hébergement style AWS, Voip (Viber avec Rakuten) etc …

C’est un peu le même schéma que les grandes surfaces qui utilisent les CD/livres en produit d’appel pour au final vous vendre de la lessive. Il n’est pas interdit de penser que vendre des milliers de produits à 0 point de marge (ou presque) et vendre des services techniques à haute valeur ajoutée en contrepartie puisse être l’activité la plus rentable pour ces gros e-commerçants.

Cela expliquerai aussi en partie la course aux rachat de services web « périphérique » de ces derniers mois. Si cela devait arriver, comment pourrions nous concurrencer ces gros e-commerçants ? D’un coté on aurait un business model basé sur la vente de produits pour les petits e-commerçants et de l’autre de la vente de services Hi-Tech avec l’e-commerce comme »excuse » pour attirer le chaland pour les mastodontes.

Vendre à quelques points de marge et être rentable c’est après tout ce qu’arrive à faire la grande distribution. Alors d’après vous : Le E-commerce, futur produit d’appel pour vendre des services ou bien une remontée des prix et des marges est elle à prévoir ?

Benoit Gaillat

Diplômé de l’Hetic et travaillant depuis 10 ans dans l’e-commerce, Benoît est Directeur Conseil E-commerce chez Skeelbox, cabinet de conseil en E-commerce dédié aux marques, distributeurs et PME qui souhaitent réussir leur développement digital et cross canal. Twitter |
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8 Commentaires

8 réponses à “Le E-commerce va t’il devenir un produit d’appel ?”

  1. madvic dit :

    Réflexion intéressante…

  2. Tient, toi aussi tu te fais spammer (CF message prec, j’ai eu le même 😉 )

    Intéressant, mais je ne partage pas complètement l’analyse :
    Je pense que la non rentabilité d’Amazon relève plus d’un choix stratégique et fiscale qu’autre chose.
    Et en France, tu oublies Ventes Privées, qui connait une belle marge 😉

    De mon point de vue, on peut faire du ecommerce et faire un site rentable, mais il faut construire une vrai machine de guerre emarketing, justement pour parfaitement maîtriser les couts d’acquisition et maximiser la fid.

    Cela demande une très grande maîtrise des différents métiers du ecommerce, et de la technologie sous jacente. Et ça, ça court pas les rues 😉

  3. Merci François, j’ai supprimé ce méchant spam 🙂
    Bref, je suis d’accord avec toi sur le choix stratégique d’Amazon. C’est du pilotage de rentabilité complètement assumé et bien maîtrisé pour le moment. Après je ne dis pas que c’est al seule alternative des gros sites e-commerce. je dis juste que peut être , un jour, ce sera l’option la plus rentable pour eux.
    Le business model en sera peut être modifié et cela me semble important de voir si cette tendance se confirme.
    Vendre à, presque, 0 de marge et dégager de gros benefs est pour le moment hypothétique mais le jour ou cela arrive ça s’appelle disrupter un marché. Et ça fait généralement mal pour les concurrents.

  4. Franz dit :

    Effectivement, discussion intéressante. Quand on regarde Vente-privee, la rentabilité est aussi dû à ce choix courageux que Granjon a fait à savoir ne rien dépenser en Adwords car soyons clairs, plus que les coûts d’acquisition globaux, c’est souvent l’asservissement aux liens sponsorisés et aux éternelles modifications de la SERP Google qui font exploser les coûts et « flinguent » la rentabilité.
    Benoit le dit très bien, la rentabilité des généralistes est un problème (et c’est tant mieux ou nous serions tous « morts ») mais c’est justement parce que cette course effrénée à une largeur de gamme toujours plus grande a pour objectif d’inonder le marché… sauf que ce marché est extensible quasi à l’infini.
    Quand les hypermarchés sont arrivés, ils n’ont pas pu tout vendre car ils étaient limités en surface de vente : en contrepartie, les petits commerçants restants ont pu travailler leur profondeur de gamme et l’innovation.
    Les hyper-e-commerçants tentent de tout vendre. Il me semble que c’est une erreur car en plus du coût d’acquisition, ils vendront tout « mal » sauf si on fait le travail à leur place comme en market place) et auront pour seul avantage de faire des économies d’échelle sur les volumes. Mais quand on voit le poids croissant de la mobilité, du marketing2one, de la personnalisation, du Click & Collect, du Click2Chat, de la réalité augmentée… bref tout ce qui touche à l’expérience client et donc à sa fidélisation (facteur clé de la rentabilité, pour le coup), je ne leur prédit pas un avenir forcément tout rose.
    C’est peut-être candide mais si de notre côté, nous avons le courage de résister à cet essor des market places qui transforment les gros en géants type Amazon alors tout ça s’assainirait et tout le monde y serait gagnant au final.
    Cultivons notre différence, partons du client, travaillons le SAV et la culture de marque… Ça aussi vente-privée le fait très bien.

  5. D@VID dit :

    Pour la grande distribution soyons honnête plus que le prix d’appel, je pense que nous plus parler de service comme l’essence il y a 20 ans. Nous sommes plus dans une démarche defencive pour conserver le flux avec le retrait et travailler le programme de fid. Travail que fais cdiscount appuyé par le groupe Casino. Pour les pure player leur richesse reste leur modèle technologique

  6. droguerie en ligne dit :

    Bonjour,
    Félicitation pour cette analyse ! ce n’est pas forcément en cassant les prix qu’un site e-commerce arrivera à être rentable. Je pense qu’il faut d’abord amener du trafic sur son site pour augmenter son taux de conversion et développer ses achats.
    Après tout dépend du secteur d’activité et des prix pratiqués par les concurrents pour trouver les meilleures alternatives sans trop augmenter ses marges et proposer un prix acceptable.

  7. Benjamin Bnds dit :

    Cette analyse est applicable à tout type de marché/entreprise/startup.
    Au bout d’un certain temps, théoriquement à l’infini, tout marché devient ultra concurrencé et les marges tendent vers 0.
    Le succès d’une entreprise à long terme va dans la diversification de son business model.
    C’est le cas d’Amazon, de Google, mais de pleins d’autres plus petite. Il ne faut pas se restreindre à un seul business model.

  8. dominique duwez dit :

    bonjour je m’insère dans votre discution dans laquelle je suis néophyte mais se pourrait il que l’on me renseigne
    voila SI j’ai un produit a 100 euros que je désire placer dans un ecommerce combien me prennent il…?
    MERCI de votre reponse

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LDLC annonce des bénéfices et un dividende en hausse

par Benoit Gaillat - Il y a 7 ans

LDLC, le site de vente d’électronique orienté « connaisseurs & techos » à présenté des comptes 2010-2011 en pleine forme (Source investir.fr et PDF officiel du groupe ici). Voici un tableau rapide avec les chiffres les plus importants :

Le groupe LDLC

Le groupe LDLC c’est aussi des sites E-commerce comme Maginéa, plugsquare et Anikop, l’électronique n’est pas la seule catégorie de produits vendu par le site et bien leur en porte car si le chiffre d’affaires est en hausse de 14% on  peut voir que la marge brute (le nerf de la guerre) est en hausse de 16% donc mathématiquement le site augmente ses ventes tout en augmentant encore plus vite sa marge. Du bon business donc.

Un site E-commerce qui verses des dividendes !

Cette performance leur permet donc un reversement de dividendes aux actionnaires de 0.25 centimes / action (!), à ma connaissance il n’y a pas beaucoup de site E-commerce dans cette tendance à l’heure actuelle.

C’est d’autant plus intéressant que cela fait quelques années que LDLC à stoppé la course à la croissance folle pour se concentrer sur la rentabilité et présente donc un CA très inférieur aux gros du E-commerce comme Rueducommerce (400 millions), Pixmania (650 millions) mais présente une marge intéressante basé sur la vente de ses propres produits et non pas une marketplace ou la location de son système informatique.

Le « petit E-commerce »  (par rapport au secteur de l’électronique bien sûr 😉 ) rentable dans un secteur dominé par de gros acteurs non rentables et donc possible.

Viser la rentabilité plutôt que le CA est donc peut être la bonne solution en E-commerce ?

[Edit de dernière minute] : Rueducommerce annonce le même taux de marge (16%) et un résultat net de 1.2 millions d’euros pour l’exercice 2010-2011 (source pdf ) avec la répartition suivante :

Sur l’exercice, la répartition par famille de produits dans le High Tech est la suivante : Informatique & Téléphonie : 61% (vs. 59% sur l’exercice précédent) ; TV & Lecteurs DVD : 16% (17%) ;  Photo & Vidéo numérique : 10% (11%) et Autres produits : 13% (13%).

Signe de maturité des premiers acteurs du E-commerce Français ?

Benoit Gaillat

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Amazon explose sa rentabilité au 1er trimestre 2010

par Benoit Gaillat - Il y a 8 ans

Avec toutes les questions que l’on se pose sur la rentabilité des plateformes E-commerce en France (voir Très bon article de Flore Fauconnier sur la rentabilité du E-commerce ) Amazon vient d’annoncer pour le premier trimestre 2010 plus de 7,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour 300 millions d’euros de bénéfices soit +68% par rapport à l’an dernier. Mais cela ne fait en soit que4% de marge nette ,c’est donc finalement assez peu comparé à d’autre secteurs.

Si on réfléchit un peu on peu se demander légitimement si la course à la croissance et à l’économie d’échelle est vraiment possible (et financièrement intéressante) sur le net. Cdiscount avec son milliards d’euros de CA annuel ne fait même pas le poids face à Amazon monde.

C’est d’ailleurs une bonne nouvelle pour les 60 000 autres sites E-commerce en France , profitez et exploiter votre niche plutôt que de chercher la croissance a tout prix !

Source : lemonde.fr

Benoit Gaillat

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