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Interview de Christophe Davy, CEO de Brand Online Commerce

par Benoit Gaillat - Il y a 7 ans

Aujourd’hui c’est une interview de Christophe Davy, fondateur de Brand Online Commerce mais aussi blogueur sur le blog de François Ziserman (invité permanent:) ) et qui nous présente son activité de E-commerce délégué.

Bonjour Christophe, peux-tu te présenter et nous raconter ce que tu fais ?

Bonjour Benoit. Je m’appelle Christophe Davy, j’ai 42 ans, et je dirige la société Brand Online Commerce, que j’ai fondée avec trois associés en 2008.

Ok et peux tu nous dire en quoi consiste l’activité de Brand Online Commerce ?

Brand Online Commerce est positionnée sur le marché du e-commerce délégué, et s’adresse plus particulièrement aux marques haut-de-gamme  (beauté, mode, luxe).

C’est quoi exactement le e-commerce délégué ?

Le e-commerce délégué, né aux USA il y a une dizaine d’années, est un métier qui consiste à opérer une activité de e-commerce pour le compte d’une marque, sous son identité (i.e. en marque blanche). Concrètement toute la chaîne du e-commerce est externalisée (technique, marketing online, relation clients, logistique) : la marque valide tout et l’agence de e-commerce délégué opère au quotidien et est rémunérée sur le chiffre d’affaires généré.

Donc c’est complètement invisible pour le client final ?

Tous les acteurs du e-commerce délégué n’adoptent pas exactement le même modèle juridique, donc dans certains cas l’agence de e-commerce délégué est visible (par exemple parce que c’est elle qui encaisse la vente). Chez Brand Online Commerce, nous privilégions un modèle totalement transparent, très compatible avec le monde des marques haut-de-gamme, qui utilisent des prestataires mais n’aiment pas trop le dire. Nous pensons également que l’achat en ligne nécessitant un bon niveau de confiance, celle-ci sera naturellement plus forte vis-à-vis de la marque, alors que le nom Brand Online Commerce n’évoque rien au consommateur final.

Ok. Donc tu vends à tes clients plutôt vos compétences e-commerce ou un univers fiable et intégré ? Les deux ?

Nous vendons notre double compétence « connaissance du monde des marques » et « capacité à générer des ventes en ligne ». Les marques haut-de-gamme veulent aujourd’hui (presque) toutes vendre en direct sur internet, mais elles ont besoin d’énormément d’accompagnement. Le fait que certains de mes associés et moi-même ayons un passé professionnel dans les marques nous apporte une vraie crédibilité. Je peux ainsi te parler des heures de la distribution sélective des parfums, des évolutions de la législation européenne sur les marques, des parts de marché des différentes marques dans le retail physique, de qui dirige quelle marque, etc… Cette connaissance « de l’intérieur » rassurent les marques haut-de-gamme, elles sentent qu’on ne leur fera pas faire n’importe quoi en e-commerce, mais qu’au contraire nous saurons capter et mettre en musique commercialement leur ADN.

Donc ce n’est pas que du pur web, c’est aussi la connaissance métier du haut de gamme c’est ça ?

C’est un tout. Nous faisons du e-commerce, mais nous le faisons en prenant en compte tout l’univers de la marque. Car le client de la marque, lui, ne la côtoie pas seulement sur le web. Il faut donc raisonner large, même si Brand Online Commerce est en charge du e-commerce. Pour te donner un exemple concret, nous allons envoyer dans quelques jours un e-mail à la base de données française de notre client Nars Cosmetics, pour les informer d’une opération réalisée entre la marque et le Bon Marché (un maquilleur professionnel sera gracieusement à disposition des clientes). Rien à voir avec le e-commerce, me diras-tu ? Oui et non, car comme cela a à voir avec l’ADN de la marque (Nars Cosmetics est une marque de make-up artist, c’est-à-dire très tendance), mettre en avant cet événement physique renforce l’adhésion du client à l’univers de la marque, et contribuera à développer ses achats, notamment en ligne.

D’accord, donc c’est vraiment une vision globale de l’activité online. Il y a des boutiques dont tu es particulièrement fier ?

Chaque boutique a une histoire. Celle de Serge Lutens, assez éloignée des standards du e-commerce, est à l’image de l’univers de son créateur, que je rencontre régulièrement. Celle de Nars Cosmetics est très américaine dans l’approche. Celle de Sequoia Paris est très opérationnelle, et probablement la plus respectueuse des bonnes pratiques du e-commerce. Parmi nos réalisations en cours, j’aime beaucoup la dimension très spectaculaire de la future boutique Helena R. (c’est un scoop pour ton blog ! Nous n’avons pas encore communiqué dessus, cela sort le 2 novembre prochain…).

Ah j’adore les scoops 😉 Cool. En parlant de standards du e-commerce comment se passe la collaboration avec les marques, as-tu le champs libre pour avoir une ergonomie correcte/ prendre en compte le référencement ou le visuel est la seule chose qui compte ?

C’est un équilibre (comprendre : on doit parfois se battre…), avec le business plan en toile de fond. Nous sommes au service de la marque pour développer le chiffre d’affaires et le profit. Nous sommes rémunérés sur le chiffre d’affaires. Donc nous avons toute légitimité pour « challenger » toute idée de la marque s’éloignant des bonnes pratiques du e-commerce. Maintenant, nous devons aussi restituer l’univers de la marque, donc nous devons faire des concessions. Par exemple, sur la boutique Serge Lutens, le panier est en bas à droite (plutôt que en haut à droite) : Monsieur Lutens n’a pas souhaité voir autre chose que son logo dans la partie haute de l’écran, et après réflexion nous avons pensé qu’il fallait respecter ce choix très impactant pour l’image de la marque.

C’est généralement tout le challenge avec des marques qui possèdent une identité forte 🙂 . Et comment vois-tu l’évolution du e-commerce avec Facebook, l’iPad, l’iPhone ? Cela intéresse tes clients ? Vous travaillez sur des projets secrets ?

Nous avons ajouté une brique Community Management à notre offre de e-commerce délégué, et nous sommes déjà en charge de cette activité pour Sequoia Paris et Serge Lutens. Facebook notamment est incontournable pour le e-commerce. J’avais lu que 7% du e-commerce US de novembre 2009 était passé par Facebook… Déjà c’est une alternative à l’emailing, et puis après cela permet un dialogue et une interaction extrêmement intéressante pour les marques et leur positionnement. La relation avec les blogueurs ne cesse de prendre du poids pour le e-commerce : les blogs ont certes un petit côté rétro (connoté web 2.0, donc un peu vieillot pour certains), il n’empêche que dans la mode et les cosmétiques certaines blogueuses ont une audience exceptionnelle et les marques ne peuvent les ignorer. Côté iPhone et iPad, on cherche surtout à rendre nos sites utilisables avec le navigateur Safari (2 à 3% des ventes de nos sites viennent des iPhone/iPad), par exemple en prévoyant des visuels alternatifs en cas de module flash. Mais nous n’avons jamais réalisé une application iPhone pour un client, et ce n’est pas à l’ordre du jour.

Oui les marques et les pages fan de facebook vont généralement bien ensemble 🙂 .Tu n’as que des marques françaises ou Brand Online Commerce est aussi à l’étranger ?

La société est basée à Paris et New York. Nous gérons des business des deux côté de l’Atlantique. Évidemment, le vivier de marques françaises (ou basées en France) est important, mais pour la petite histoire, notre premier client historique est Nars Cosmetics, société américaine basée à New York. Et la toute première boutique que nous avons ouvert pour cette marque a été le UK. D’ailleurs, au premier semestre 2010, 49% du chiffre d’affaires des boutiques gérées par Brand Online Commerce a été réalisé hors de France. Et nous gérons actuellement des business en 6 langues.

Et la Chine ? C’est un marché porteur pour les marques, non ? Vous avez déjà des sites en chinois ?

Non, nous n’avons pas encore de site en chinois. Le e-commerce en Chine requiert, en tout premier lieu, d’être présent sur place et d’avoir des accords locaux. Nous travaillons ardemment sur notre implantation en Asie (encore un scoop…), avec comme objectif d’ouvrir notre première boutique sur la Chine avant l’été 2011 !

OK, Et bien merci pour ces informations Christophe, j’imagine que vous êtes toujours à la recherche de nouveaux clients et prospects, tu leurs dirais quoi en 2 lignes pour venir chez toi ?

Bien sûr, le développement de notre portefeuille est notre priorité, surtout depuis l’arrivée d’un fond d’investissement dans notre capital ! Ce que nous répétons régulièrement à nos prospects, c’est qu’avec Brand Online Commerce ils ont l’assurance de développer un business additionnel, pérenne et rentable sur le web, dans le respect le plus strict de leur ADN.

Ok, et si ils veulent plus d’infos vous allez sortir un nouveau site web c’est ça ?

Il est sorti hier soir !!! (troisième scoop de l’interview, on s’arrête là…)  www.brandonlinecommerce.com

🙂 Et bien merci pour ton temps Christophe et bon courage pour la suite !

Merci à toi Benoit, et à bientôt.

Benoit Gaillat

Diplômé de l’Hetic et travaillant depuis 10 ans dans l’e-commerce, Benoît est Directeur Conseil E-commerce chez Skeelbox, cabinet de conseil en E-commerce dédié aux marques, distributeurs et PME qui souhaitent réussir leur développement digital et cross canal. Twitter |
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10 Commentaires

10 réponses à “Interview de Christophe Davy, CEO de Brand Online Commerce”

  1. Romain Boyer dit :

    Interview très intéressante !

  2. Philippe RODRIGUEZ dit :

    Interessant cet interview de notre confrère. D’après vous quel est l’impact en terme de conversion/efficacité de choisir des « normes » différentes ? Par exemple le panier en bas à droite?
    Pas d’impact? Impact faible compensé par l’image, l’inspiration, la spécificité du site?
    Est ce vrai également pour l’acquisition de nouveaux clients?

  3. bgaillat dit :

    Bonjour Philippe,
    L’efficacité de la conversion est à tester sur le site lui même, peu être est-ce plus efficace, la seule façon de le savoir réellement et de tester et mesurer.
    Par contre je pense que les marques sur-estiment très largement l’impact de leur notoriété sur le net. Cela ne compense pas le fait de bien construire un site à mon avis mais encore une fois ce ne sont que des suppositions :/

  4. Christophe dit :

    @Philippe
    Il y a un impact à ne pas respecter les bonnes pratiques du e-commerce, tu le sais.
    Dans le cas de la boutique Serge Lutens, c’est en grande partie compensé par :
    1/ l’appétence des clients pour les produits (c’est l’effet marque de niche très addictive pour sa clientèle),
    2/ la faible distribution de la marque en réseau physique (la ligne des flacons de table est même en exclusivité sur le net et dans un point de vente parisien).
    Concernant l’acquisition de nouveaux clients pour la marque, la boutique en ligne est un vrai succès : 72% des commandes (depuis que l’on gère la boutique, en septembre 2009) sont passées par de nouveaux clients.

  5. Boxeuse dit :

    « Facebook notamment est incontournable pour le e-commerce. J’avais lu que 7% du e-commerce US de novembre 2009 était passé par Facebook… Déjà c’est une alternative à l’emailing, et puis après cela permet un dialogue et une interaction extrêmement intéressante pour les marques et leur positionnement. »

    Voilà sans doute la raison pour laquelle Brand Online Commerce a récupéré à son compte la page Facebook « fan » (et indiquée comme telle) administrée depuis plusieurs années par de vrais fans passionnés et désintéressés pour bénéficier d’une base de données déjà constituée de 3000 membres (à l’époque).
    On se demande pourquoi ils n’ont pas ouvert leur propre page, il suffisait de 2 clics et la page « fan » n’aurait sûrement pas fait de concurrence à une page « officielle » plus orientée e-commerce.
    Ah mais oui, 3000 membres, quand même.
    En arrivant 3 ans après tout le monde, ça fait gagner un temps fou de récupérer le travail bénévole des autres.
    C’est sans doute cela « se battre » dans son jargon de communicant ?

    Ce commentaire sera peut-être supprimé mais ce serait dommage que l’agence n’assume pas ses méthodes pour le moins cavalières.

  6. Boxeuse dit :

    PS : je parle de la page Facebook « fan » dédiée à Serge Lutens.

  7. bgaillat dit :

    Bonjour « Boxeuse », aucun risque que votre commentaire ne soit supprimé, tout le monde à le droit de s’exprimer 🙂 .
    Ceci dit les pages « fan » contrairement à leur nom n’appartiennent pas aux fans mais à la marque, elle à le doit d’en faire ce qu’elle veut vu que son nom et son image sont en jeux, j’imagine que Brandonlinecommerce assure pour sa part la gestion de la page conformément aux exigences de Serge Lutens.

  8. Boxeuse dit :

    Bonjour Benoit. Bien sûr que le nom appartient à la marque, ce que je reproche, c’est uniquement la récupération d’une « bdd » de « fans » déjà constituée : c’est peu fairplay d’arriver quand une partie du travail a été faite par d’autres. Mais bien sûr, nous ne sommes que « fans »…

  9. Romain Boyer dit :

    Un article sur le positionnement du panier sur Info-Ecommerce pour Philippe : http://www.info-ecommerce.fr/845/test-ab-placement-du-bouton-ajout-au-panier-plus-important-quil-ny-parait/boutique

    A « Boxeuse », je comprends la question et l’étonnement, mais il est légitime qu’une marque récupère la page à son nom sur un site très grand public.

  10. Olivier R. dit :

    Bonjour,

    Je découvre votre article avec retard.
    Il est très intéressant.
    Je partage complètement cette importance de la transparence pour que la marque comprenne et valide les grandes directions stratégiques.
    Je travaille chez Neeetcommerce où nous accompagnons différentes marques dans leur e-commerce en délégation totale ou partielle. Nous avons ainsi réussi le lancement e-commerce de vetaffaires (hard discount) comme en témoigne leur président : http://www.solucia.fr/vetaffaires
    mais aussi de sociétés de B to B comme VIF Furniture, ou dans le crédit comme Central Finances.

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