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Vendre à l’étranger : le nouvel eldorado des marchands français

par Frédéric Klotz - Il y a 6 mois

La concurrence sur le marché intérieur étant particulièrement vive, le commerce transborder est devenu un nouveau levier d’accélération pour les marchands sur internet. Selon la Fevad, 68% des e-commerçants vendent à l’étranger en 2017, la Belgique, l’Espagne et l’Allemagne étant les pays les plus plébiscités.

Toujours selon la Fédération, 43% des sites enregistrent une forte augmentation de leurs ventes à l’international sur les deux dernières années. Et les perspectives sont très optimistes puisque 87% des sites prévoient sur les deux années qui viennent une progression de ces ventes transborder.

Vendre à l’étranger n’est cependant pas une mince affaire. Il faut mettre son site, sa communication, ses produits, sa livraison, etc…. à niveau comme je vous l’expliquais il y a quelques mois. Et parmi les principales difficultés rencontrées, les e-commerçants se plaignent des différences de législation.

À l’occasion du salon E-Commerce One to One de Monaco, j’ai rencontré différents prestataires qui facilitent votre internationalisation. Revue des propositions et outils disponibles :

Le bon produit pour le bon marché

Sur les aspects réglementaires justement, si vous voulez savoir si on peut vendre un camembert en Alaska ou du champagne en Indonésie, des sociétés comme la startup belge Borderlinx fournissent un conseil sur la conformité du produit par rapport à un marché donné. Comment ? En produisant l’information d’une part, mais en l’automatisant au besoin, via des systèmes d’alerte et une API qui fournit des scripts permettant, en temps réel, dès qu’un consommateur ajoute un article au panier, de vérifier si il est conforme avec son pays de livraison.

Cette API va même plus loin en calculant automatiquement les droits et taxes ainsi que les frais de transport (les transporteurs sont proposés par Borderlinx). Le contenu de ces informations est directement intégré au panier comme ci-dessous sur le site Monnier Frères.

Partir à la conquête de l’Est

La proposition du chinois Azoya est elle, plus globale. Ce fournisseur de solutions propose aux marchands occidentaux d’adresser le plus grand marché du monde. En Chine, la génération des millenials représente à elle seule l’équivalent de la population des Etats-Unis, elle est très friande de produits authentiques. Azoya propose aux marchands de mettre l’intégralité de l’expérience d’achat aux couleurs et aux normes de l’Empire du Milieu.

Cela commence par une duplication intégrale du site internet en version chinoise pour des raisons de SEO. Le site en question est hébergé à Hong Kong, sur la plateforme d’Azoya. Il est designé et adapté aux réseaux sociaux ou moyens de paiement chinois. Mais pas seulement…

En effet, toute la gestion des opérations est faite en Chine, et une équipe dédiée gère le contenu, la relation client, la communication et le marketing pour la marque : quels produits, quelles mises en avant, en collaboration avec l’enseigne. « On est proche d’une joint venture », déclare Stéphane Rouquette, représentant d’Azoya pour la France.

Mais la boucle ne serait pas complète sans la partie logistique, coeur de l’expérience client. La page de choix du transporteur est interactive et inclue les frais de douane. Le premier kilo coutant 12 €, les clients chinois ont tendance à gonfler leur panier pour compenser ce coût. Pour la France, les colis sont rassemblés chaque jour à Marcq-en-Barœul puis dédouanés chez un partenaire d’Azoya avant de partir pour la Chine.

Azoya compte parmi ses clients le français La Redoute, le japonais Matsuya (équivalent de nos Galeries Lafayette), mais aussi l’anglais FeelUnique ou encore l’allemand Bodyguard Apotheke.

 

Adresser 200 pays en quelques clics

La startup israëlienne Global-e propose elle de vendre plus facilement vers 200 pays, arguant des nombreuses opportunités que présente le commerce transborder. Il est vrai que de récentes décisions des états favorisent ce commerce international : par exemple aux USA, le seuil de droit à l’importation est passé de 200 à 800 $, en Chine ce seuil a aussi été assoupli pour monter à 2000 Yuan, il en est de même pour l’Australie avec 1000 AU$.

Elle propose d’intégrer à votre site une navigation et un panier localisés (calcul des droits et taxes, prestataires de paiement), mais aussi 45 solutions de paiement gérant 60 devises différentes, et des offres de transport permettant d’aller plus facilement vers l’export.

Le français Courir, client de Golbal-e, a pu en quelques semaines passer d’un à 200 pays de livraison en implémentant la solution. Selon Amélie Maréchal en charge du développement international, l’un des casse-tête de la marque était de « résoudre le problème de réconciliation comptable, mais aussi ceux liés à la gestion des Taxes, TVA, devises, taux de change et fraudes ».

Marc Batty, responsable de l’international chez l’anglais Boden, explique lui que de placer un bouton d’ajout au panier rouge a permis de doper de 4% les ajouts au panier pour ses clients chinois, ou encore la proposition d’une solution de retour locale a permis d’augmenter le taux de conversion de 12%.

 

Et vous, par ou allez vous commencer ? Voulez vous attaquer la Chine ou tout de suite 200 pays ? Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui, vendre à l’international est de plus en plus aisé, et les solutions ne manquent pas pour vous garantir la fidélité d’un nouveau type de clientèle, toujours plus friand de produits qu’ils ne trouvent pas localement.

Frédéric Klotz

Frédéric a 15 ans d'expérience dans le e-commerce. Il fut l'un des premiers community manager de France, puis s'est ensuite occupé de qualité et de logistique. Depuis 2013, il a fondé OpenYourWeb, expert en Supply Chain du e-commerce, qui accompagne les e-commerçants sur les questions de relation client, logistique, transport ou encore SAV.

4 Commentaires

4 réponses à “Vendre à l’étranger : le nouvel eldorado des marchands français”

  1. Chronostylo dit :

    Ne pas oublier que vendre à l’étranger ou même simplement dans les DOM TOM, ça signifie, entre autres, une déclaration mensuelle aux douanes, à vie… et ce, même pendant les mois où vous ne vendez rien à l’étranger … c’est une des raisons pour lesquelles quand on est un petit e-commerçant on doit réfléchir avant de se lancer à l’export.

  2. Bonjour
    Parlez vous du DAU ? Il est à produire avec chaque exportation, mais avec les solutions proposées, ce document est inclus dans la prestation, comme toutes les formalités douanières. Bonne journée Frédéric

  3. Thomas Pairé dit :

    Bonjour, article très intéressant. Avec Easy-delivery, nous offrons une solution basique pour permettre aux commerçants d’exporter. L’idée est simple, vous transférez la gestion du transport vers l’étranger à votre client. Nous fournissons au client une adresse dans notre entrepôt, nous réceptionnons les commandes et expédions pour son compte. On est loin des solutions 100% intégrées que vous mentionnez ci-dessus. Néanmoins, le modèle existe depuis des années aux Etats-Unis avec un certain succès, myus.com par exemple réalise plus de 50 000 expéditions par mois.

  4. Aurélien dit :

    Je ne connaissais pas Borderlinx, merci pour la découverte. Par contre avant d’attaquer le marché chinois, il va falloir trouver un nom adapté et prononçable par les chinois et se frotter à Baidu, ce qui n’est pas la plus simple des choses… mais pour un tel marché, il faut faire des efforts !

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Salon E-commerce 1to1 de Monaco 2017 : le Bilan

par Benoit Gaillat - Il y a 6 mois

logo monaco 1tot1Cette année j’ai eu le plaisir d’être invité au salon E-commerce de Monaco 1to1 pour couvrir l’événement et voir les prochaines évolutions du e-commerce un peu en avant première.

Tout d’abord, parlons du salon en lui même qui, cette année était encore plus exceptionnel que les années précédentes avec plus de 1600 personnes présentes pour trois jours à discuter du e-commerce. Depuis les premières éditions le salon 1to1 de Monaco à bien grandi et si, même à ses débuts, il s’est rapidement imposé comme « LE » salon le plus qualitatif à propos du e-commerce il est désormais aussi important en « quantité » de personnes présentes.

C’est bien simple, toutes mes connaissances sur les stands étaient occupées toute la journée en RDV. J’ai néanmoins eu le temps de faire quelques petites interview vidéo sur le salon e-commerce, vous trouvez les vidéos sur la chaîne Youtube ici -> Chaîne Youtube 

J’ai découvert aussi plusieurs startups intéressantes, comme http://merchandising.io qui s’est fait rachetée juste après le salon par Mazeberry . Je ferai des articles « à part » sur ces startups pour y mettre un gros coup de projecteur car certaines m’ont bien impressionnées !

Coté conférences j’ai pu assister et live tweeter les plénières avec un excellent Wifi ! C’est l’avantage d’un Wifi presse qui fonctionne parfaitement. Petit moment de gloire pour Skeelbox après les live tweet

top tweeter ecommerce

 

Bref, de nombreuses conférences avec des participants très connus :

  • Microsoft
  • IBM & Watson
  • Addidas
  • Mautan
  • Alibaba
  • Etc…

La conférence qui ‘a le plus marqué lors du 1to1 à bien évidement été Alibaba qui parle de volumes presque en dehors de notre imaginaire :

40 millions de colis par jour, 500 milliards de dollar de volume d’affaires, des milliers d’employés …

Même si les volumes ne sont pas détaillés pour les zones hors de Chine, l’avantage concurrentiel certain d’Alibaba sur son marché intérieur va lui permettre de financer son développement international.

Alibaba on stage

Alibaba on stage au salon e-commerce 1to1 de Monaco

Coté stands j’ai pu tester le casque de réalité virtuelle de Facebook : L’occulus rift . Une vraie immersion, idéal pour jouer mais je doute encore un peu de l’utilité pour le e-commerce. A moins d’une solution efficace pour baisser les coûts de modélisation, je ne vois pas comment on pourra démocratiser la réalité virtuelle pour l’e-commerce. Un des participants m’a indiqué que des sociétés arrivaient à  avoir des coûts de modélisation 3D inférieurs à des coûts de photographie mais je n’ai pas encore pu voir de « preuve ». A suivre quand même.

Google était aussi présent avec un gros stand, comme Ayden également, la publicité et le paiement restent toujours au cœur du e-commerce. Il y avait assez peu d’agences sur place, beaucoup d’outils ou de « solutions » , quasiment tout en SaaS d’ailleurs et avec aussi la première participation au salon de Oxatis (solution SaaS d’e-commerce) .

J’ai eu l’impression que la partie Analytics étaient moins fournie, il y avait, sauf erreur de ma part, une  seule DMP et une seule agence Analytics présente au salon e-commerce 1to1.  Mon avis est surement peu factuel mais je trouve que la data est encore un peu le parent pauvre du e-commerce.

Bref, un salon e-commerce 1to1 encore une fois complet d’un point de vue professionnel, extrêmement enrichissant d’un point de vue personnel car tous les intervenants sont au top niveau. Un grand bravo à l’organisation (Bravo Ingrid ! ) pour gérer les 1600 personnes sur trois jours sans la moindre faille et en traitant tous les invités comme des princes.

A noter que le salon 1to1 s’exporte avec une version au Japon, aux états unis ! Belle reconnaissance pour cet event incontournable dans le monde du e-commerce.

 

Benoit Gaillat

Diplômé de l'Hetic et travaillant depuis 10 ans dans l'e-commerce, Benoît est Directeur Conseil E-commerce chez Skeelbox, cabinet de conseil en E-commerce dédié aux marques, distributeurs et PME qui souhaitent réussir leur développement digital et cross canal. Twitter | Profil sur Google Besoin d'un expert E-commerce ? 01 84 17 08 51.

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