Les éléments à ne pas oublier dans un cahier des charges eCommerce

par Romain Boyer - Il y a 3 ans

Lorsque vous travaillez avec une agence, qui plus est si vous choisissez le mode forfait (« parce qu’il faut absolument tenir la deadline ! », ce qui se fait en général contre-productif), vous avez intérêt à avoir cadré le maximum de choses dès le départ. Ce n’est pas un exercice aisé, et on s’en remet très souvent à des consultants ou à l’agence en espérant qu’ils penseront à tout pour nous. Si vous lisez souvent ce blog, vous savez qu’on parle souvent de la loi de Murphy : si quelque chose peut mal se passer, ça se passera mal. Il faut donc laisser le minimum de choses au hasard. Dans le eCommerce comme ailleurs, tout est affaire de détails. En voici quelques uns à ne pas négliger.

La personnalisation du CMS utilisé

Vous allez probablement vous retrouver un CMS dans les bras, lequel dispose de nombreuses options par défaut. Il vous faudra notamment penser à prévoir :

  • la personnalisation des e-mails
  • la personnalisation des factures
  • la personnalisation de l’ensemble des textes (textes statiques et contenus CMS) => assurez-vous d’avoir une interface pour pouvoir gérer le tout en quelques clics

Le workflow des différentes fonctionnalités

Le workflow, c’est l’enchaînement des actions suite à une action donnée. Pour l’exemple, je clique sur « être prévenu par e-mail lors du retour en stock », il faut donc prévoir l’enchaînement :

  1. après le clic, un message de confirmation (ou d’erreur) s’affiche => prévoir l’affichage de ce message ou se rappeler à une charte type des messages de confirmation/d’erreur
  2. on enregistre en base l’e-mail associé à la variante du produit concerné => prévoir la restitution en back-office pour export et analyse des produits qu’il faut réapprovisionner
  3. lorsqu’un produit revient en stock, les utilisateurs sont notifiés => prévoir de pouvoir vérifier qui a été notifié et s’assurer de la bonne apparence du mail

Faites des mockups !

Les mockups, vous savez, ce sont ces maquettes au crayon (ou ça en a l’aspect si c’est fait par ordinateur) qui ne sont pas très précises, rarement respectées, et pas toujours très belles. Il n’empêche qu’ils ont l’avantage de permettre de se poser hors de toute considération de graphisme et de rajouter dans l’interface tous les éléments de présentation. Cela permet de mieux se projeter et d’imaginer les actions derrière chaque lien ou bouton, beaucoup plus qu’avec simplement un cahier des charges fait sur Word. Cela représente un bon complément synthétique, lisible rapidement par toute partie prenante. Si la maquette définitive sur Photoshop réorganise les éléments différemment, ce n’est pas grave tant qu’ils sont tous là ! et cela ne remet bien évidemment pas en cause ce qui en a découlé. A noter que les mockups restent également une bonne idée pour prévoir l’agencement d’une page créée en back-office ! Home[1]

Pensez au mobile !

Le responsive ou l’adaptative design, c’est une grosse contrainte à prendre en compte. Le consensus se fait de plus en plus autour de deux uniques formats : un format mobile et un format tablette+desktop. Nombre d’entreprises veulent encore s’adapter à toutes les configurations, ça n’est que très rarement une bonne option : les lourdeurs, les tests nécessaires et les bugs qui en découlent en nombre, sont un stress qu’il vaut mieux s’épargner. Veillez simplement à prévoir et à tester que toutes les configurations arrivent dans les bonnes cases (avec une tablette 7 pouces par exemple, est-ce qu’on est bien sur l’interface tablette et non sur l’interface mobile ?)

Prévoir toutes les erreurs possibles et imaginables

bugs-and-usability-01-amazon-47a4c55f23663d5188dc90f4e299d064[1]

A chaque action, il faut prévoir les erreurs possibles et imaginables et les clarifier grâce aux messages d’erreur (ou simplifier l’interface !) Exemple classique : « le produit n’a pu être ajouté au panier » => bah pourquoi ?! Ou encore : « merci de renseigner tous les champs » => lesquels ? Mais le pire est sur les erreurs qu’on ne peut pas voir de façon évidente (typiquement les mails envoyés ou le tunnel de commande). Il faut donc dès le départ prévoir de stocker quelque part les erreurs affichées au client pour ensuite traiter les plus courantes et y faire quelque chose. On prévoit ainsi dès le départ de pouvoir visualiser les erreurs qui poseront problème dès les premières conversions pour intervenir dessus rapidement (et cerise sur le gâteau si ça se trouve en période de garantie !!). Le format idéal à demander par cahier des charges : un log visualisable sous forme de tableau exportable dans le back-office, que vous exportez de temps en temps et que vous analysez sur Excel. Si vous pouvez opérer des regroupements comptabilisés, grand bien vous fasse (« 80 erreurs sur le remplissage de la date d’anniversaire sur le formulaire d’inscription » => on se doutera qu’il y a quelque chose qui est peu clair, ou qu’on ne voit pas que l’info est obligatoire, ou qu’on n’a pas envie de le renseigner,… »)

Sur les workflows un peu complexes : prévoir des logs pour faciliter et limiter le coût des diagnostics

L’exemple classique est sur la logistique, le workflow est souvent complexe : qu’est-ce qui déclenche la validation de la commande, qu’est-ce qui déclenche la facturation, quelles sont les commandes dont le numéro de suivi ne s’est pas mis à jour. Là aussi, on a besoin d’interfaces pour se rendre compte de ce qu’il se passe. Et l’interface peut être simple : il suffit là encore de faire un tableau avec ces quelques colonnes :

  • Numéro de commande
  • Date / Heure de l’action
  • Action (ex : ajout du numéro d’expédition)
  • Ancien Statut de la commande
  • Nouveau Statut de la commande

Sur la mise à jour des stocks aussi (souvent une problématique entre l’ERP et le CMS eCommerce) ou sur la mise à jour des produits enfin (depuis un PIM ou un ERP typiquement), voir les informations qui sont remontées pour pouvoir les comparer avec ce qu’il y a réellement dans la base ensuite et en déduire si le problème vient en amont de l’interconnexion ou en aval.

Performances

Pensez bien évidemment à avoir des exigences en terme de performances, il n’est pas acceptable aujourd’hui d’avoir des pages qui ne commencent pas à s’afficher après 2 secondes. Le bon tempo est de commencer à voir quelque chose au pire au bout de 0,5 secondes. Les solutions à regarder :

  • Lazy loading (chargement des images au fil de l’affichage en asynchrone)
  • Bonnes pratiques CSS/JS (CSS en haut du code source, JS en bas)
  • Solutions pour rendre le contenu statique : notamment reverse Proxy / Cache (comme Varnish)

Solutions de marquage

Aujourd’hui, tout le nerf de la guerre se situe autour des outils que vous allez associer à votre CMS. Et ces outils s’implémentent souvent soit autour de modules, soit autour de tags à implémenter. Si vous avez besoin de vos développeurs à chaque fois qu’il faut (dés-)installer un tag, vous allez vite devenir fou ! faites mettre en place une solution de marquage (Google Tag Manager, Eulerian, Lengow TagCapsule, Tag Commander, Tealium, Ubertags, Adobe Dynamic Tag Management,…) pour avoir toute latitude de travail. Ces solutions par ailleurs proposent pour certaines de « tuer » automatiquement l’appel du tag si la solution ne répond pas… ce qui peut éviter de planter votre page à cause d’un partenaire.

Solutions Anti-Fraude

La fraude est un gros sujet sur certaines sites eCommerce, suivant les produits que l’on vend. Si vous vendez des produits qui se revendent facilement sur le marché de l’occasion, vous serez très certainement sujet à des fraudes. Prévoyez donc l’installation d’une solution de type Fia-Net ou Cybersource (international), ou au moins de regarder les indicateurs qui peuvent être mis à disposition par des PSP comme Ogone.

Logistique / Transporteurs

Pensez à prévoir du temps pour l’intégration des solutions logistiques. Les modules des transporteurs sont rarement fiables et leurs délais légendaires de réponse jouent beaucoup dans les délais de projet. Prévoyez donc de la marge à ce niveau et commencez très tôt dans le projet à travailler cette partie pour avoir le temps de réagir avec les transporteurs et les intégrateurs de leurs modules. Vérifiez notamment bien comment fonctionnent ces modules concernant la partie suivi de colis également.

Coût du transport

On souhaite souvent des règles un peu exotiques pour le coût du transport. Si vous voulez des calculs de frais de port en fonction du poids, de la destination (différent coût pour la Corse, etc.), pensez à bien en définir les contours dès le départ !

Paiement

Il se pose très souvent la question de l’intégration du paiement. Magento par exemple permet d’intégrer le paiement à l’intérieur du CMS mais cela nécessite un contrat particulier avec les PSP, il faut donc bien faire attention quand on contractualise avec Ogone ou Paybox (ou Hi-media, Limonetik, Payzen, Slimpay,…) à choisir le bon contrat. Si vous souhaitez un mode intégré, pensez à mettre tout le site en HTTPS (ce qui peut de toute façon être une bonne option dans tous les cas) et donc pensez aux certificats à acheter. Si vous utilisez Magento et que vous ne voulez pas le mode intégré (ce qui peut se comprendre pour des questions de confiance du consommateur quand on se lance), le choix du moyen de paiement se fait à l’étape avant le récapitulatif, ce qui fait un effet bizarre, on peut alors souhaiter changer cet ordre d’étapes, ce qui peut avoir une répercussion sur les coûts. Il convient de se poser la question dès le départ du coup !

Gestion des flux

Si vous vous lancez, vous allez mettre du temps à créer du trafic sur votre propre site. Un bon moyen de donner rapidement beaucoup de visibilité à vos produits est à travers les marketplaces et les comparateurs de prix. Pour cela, vous aurez besoin d’un bon outil de gestion de flux, cherchez votre bonheur parmi les solutions suivantes : Lengow, BeezUp, Shopping Flux, Neteven, JVWeb, Mirakl qui ont chacun leurs spécificités.

SEO

Je ne mettrai que deux conseils ici pour faire simple/efficace :

  • Assurez-vous que chaque page ait un « Meta Title » unique (le titre dans l’onglet du navigateur) et cohérent avec le titre principal de la page.
  • Assurez-vous grâce à un outil comme Xenu (mais précisez-le dès le cahier des charges !) que le nombre d’URLs généré et visible par les robots ne soit pas trop élevé ! (pas plus de 100.000 pour un site tout beau tout neuf idéalement)

Pour le reste des conseils SEO, il y a de nombreux articles à part ici 😉

Spécifications réglementaires

Certains produits nécessitent une taxe très particulière, appelée la DEEE (qui correspond à l’option Taxe Fixe Produit dans Magento pour ceux qui cherchent), qui est sujette à la TVA : Prix TTC à régler = ((prix HT – remise HT) x TVA) + (DEEE x TVA). Mieux vaut bien spécifier à votre agence (même si interne ;-)) le fonctionnement de ceci. Pour les cookies, la réglementation nous oblige désormais à prévenir un visiteur dès qu’il y a un dispositif de traçage (même Google Analytics !). Des outils mis à disposition par Google et par la CNIL pour vous aider dans ce sens.

Exports comptables

Pensez à prévoir vos exports comptables dans un format qui sera apprécié par votre expert comptable : le mieux est de fournir un exemple attendu contenant des cas classiques (achat, remboursement partiel, remboursement complet, code réduction, avec ou sans frais de transport, etc.)   J’apprécie toujours les retours dans les commentaires si cela vous a aidé 🙂

Romain Boyer

Romain BOYER travaille pour des startups eCommerce depuis 2005. À cheval entre la technique et la stratégie, cet adepte des tableaux de bord croise toutes les données pour en extraire ses priorités.

> Suivre Romain sur Twitter : @RomainBOYER
> Son poste : Product Owner eCommerce chez Doctipharma.fr

7 Commentaires

7 réponses à “Les éléments à ne pas oublier dans un cahier des charges eCommerce”

  1. Laurent dit :

    Bonjour Romain,
    très juste bilan. Juste pour mémoire, Wexpay est closed depuis quelques mois.
    Excellente journée

  2. Romain Boyer dit :

    Merci Laurent, bien vu, je retire et je mets à jour ma base de connaissance 🙂
    Excellente journée également !

  3. Vanhoa dit :

    Bonjour,
    Merci pour cette analyse détaillée et instructive à la fois. Il faut aussi prendre en considération les services de supports et les garanties que vous attendez de la part de votre agence, et les définir dès le début du projet.
    A bientôt.

  4. Eric dit :

    Tu as réalisé une analyse exacte. Des observations comme cela, nous en avons besoin pour mieux avancer dans ce domaine. Justement, il y a toujours quelques détails qu’on laisse de côté souvent. Ce qu’on pense indispensable. Mais là, je crois tout est clair. En tout cas, j’apprécie.

  5. wexpay arnaque dit :

    oui wexpay ont fermé depuis octobre 2013 ! d’apres des infos récoltées les directeurs se sont bien servis ! en martinique ils parlent de détournements de fonds publics ! en plus le politicien daniel robin a obtenu des fonds publics pour wexpay : il en était le directeur général ! on sait ou atteri les impots des francais désormais ! depuis wexpay a été racheté par une société américaine basé dans un paradis fiscal, ilovevelvet inc. son directeur est Patrick Bouaziz ! ce mec il doit du fric a pas mal de monde selon mes sources ……un arnaqueur quoi ! je me demande ce qui s’est tramé entre ces mecs et le mandataire judiciaire ravise bes, le dossier a été géré par Pierre Pastaud, comdamné ya 20 ans en France pour de graves faits ! voila encore une histoire mafieuse ! ces gens finiront en prison d’apres mes sources !

  6. Hugo dit :

    Bonjour,
    bravo pour l’article vous donnez des exemples concrets et des outils pour parvenir à réaliser un cahier des charges fonctionnels précis et sans oublier de fonctionnalités. J’ai aussi lu un articles qui m’a permis d’identifier mes besoins en terme de fonctionnalités e-commerce et leur mise en forme http://www.upmybiz.com/cdcf-ecommerce/. A plus

  7. Adrien Legoff dit :

    Bonjour,

    Merci pour cet article ! Effectivement, l’élaboration et la rédaction du cahier des charges d’un site ecommerce est une étape trop souvent négligée chez les porteurs de projets web.. Pour faire bénéficier aux lecteurs d’un complément d’information, je voudrais partager une autre source que nous venons de publier, un exemple de cahier des charges de site ecommerce, avec un fichier à télécharger : http://www.lafabriquedunet.fr/creation-site-ecommerce/articles/exemple-cahier-des-charges-site-ecommerce/

    Encore merci et à bientôt,

    Adrien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.