E-commerce : Comment gérer mes ressources techniques ?

par Romain Boyer - Il y a 5 ans

Steve Wozniak, l’atout maître d’Apple à ses débuts.

Je vous avais fait il y a quelques temps une liste la plus exhaustive possibles des métiers du e-commerce.

Après mon article sur le Chef de Produit dans le E-commerce, je vous propose d’aborder ici le sujet épineux des ressources techniques. et d’envisager leur évolution dans le temps.

Le technicien doit-il être dans l’organisation ou à l’extérieur ?

Si vous n’avez pas les moyens d’embaucher quelqu’un, la question ne se pose pas.

Dès que vous en avez les moyens, il est très important d’internaliser au moins une ressource technique, pour sécuriser votre entreprise et garder la maîtrise sur votre boutique.

Une fois ceci sécurisé, tout dépend du type d’organisation que vous voulez. On considère logiquement que les besoins permanents doivent être traités en interne alors que les besoins ponctuels peuvent être externalisés, sous le contrôle d’un chef de projet technique (qui peut être développeur par ailleurs) chez vous.

Vous vous assurez ainsi la cohérence globale de votre projet et votre capacité à réagir en cas de souci, avec une disponibilité (quasi-)immédiate.

Les ressources internes peuvent avoir un aspect de gestion que ne peuvent avoir les ressources externes : s’assurer de l’évolutivité, des performances, du meilleur compromis temps de développement/résultat (question que les agences ne se posent pas toujours).

OK, je prends un technicien, je prends un junior ou un sénior ?

Tout dépend de la complexité de votre boutique. Il est bon si vous en avez les moyens de commencer par un intermédiaire, payé environ 40K, qui pourra avoir un minimum de vision à long terme orienté bénéfice de l’entreprise (et non bénéfice financier de l’agence), qui pourra prévenir certains soucis, assurer l’évolutivité de votre boutique, mettre en place du versioning, etc.

Il peut ensuite être épaulé par un junior pour de petits et nombreux développements (modules, etc.)

Si votre chiffre d’affaires évolue et dépasse les 500.000€, vous devez vous sécuriser et prendre un sénior (>50K environ) dans votre équipe pour assurer le suivi et la hiérarchisation des projets, maîtriser une plateforme qui va se complexifier, gérer des flux complexes, gérer une équipe qui grandit. Ce sénior doit idéalement avoir une vraie dimension technique et doit avoir la confiance de ses subalternes, il doit savoir intervenir dans la majorité des cas par lui-même, ce qui lui permet également de mieux contrôler le travail de chacun.

Comment faire progresser mes équipes techniques ?

Le meilleur moyen est de discuter avec eux de leurs points faibles et de leur proposer au moins deux formations par an, à la carte. Même si ces formations n’impactent pas directement le travail effectué, elles contribuent à avoir une bonne connaissance générale et une bonne logique d’ensemble, avec une meilleur appréhension des outils existants et de leur utilité.

 

Et vous, quelles problématiques rencontrez-vous et comment gérez vous vos ressources techniques ?

Romain Boyer

Romain BOYER travaille pour des startups eCommerce depuis 2005. À cheval entre la technique et la stratégie, cet adepte des tableaux de bord croise toutes les données pour en extraire ses priorités.

> Suivre Romain sur Twitter : @RomainBOYER
> Son poste : Product Owner eCommerce chez Doctipharma.fr

10 Commentaires

10 réponses à “E-commerce : Comment gérer mes ressources techniques ?”

  1. Tu peux rajouter 20/30% sur les tarifs des techos pour des compétences Magento.

    le gros risque d’internaliser c’est que cela coûte très cher ET qu’en cas d’absence cela n’avance pas. Passer à 100% par une agence permet, en théorie, d’avoir de la souplesse et toujours de la dispo.

    Perso je suis pour intégrer à 100% en interne un maximum de compétences le plus rapidement possible. Nos métiers sont trop techniques et trop changeants pour se permettre de déléguer en externe.

  2. Romain Boyer dit :

    je savais pour les surcoûts pour les agences, je n’y avais pas pensé et ne le savais pas au niveau des salaires, mais ça peut sembler évident, étant donné les compétences framework (Zend) spécifiques nécessaires.

    Pour pallier l’absence de l’interne, tu dois avoir une agence en soutien si tu n’as qu’une ressource mais tout internaliser n’est pas forcément souhaitable à mon avis ; si tu veux avancer rapidement, il est bon d’externaliser un maximum de projets de fond, avec le concours et le soutien des équipes internes.

    Par ailleurs, la confrontation des équipes et des visions est une bonne chose en terme de technos.

    Ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier et assurer la croisée des regards me semble toujours intéressant.

  3. En fait je serai curieux de connaitre le fonctionnement d’Amazon là dessus. j’ai l’impression que c’ets 100% en interne et qu’ils rachetent les compétences qu’ils n’ont pas.
    Chez RDC quasiment toute la technique était internalisée non ? C’est pour moi le meilleur back office Ecommerce que j’ai vu depuis (et c’était il y a un moment … )

  4. Benoit Girond dit :

    Intéressante synthèse, pragmatique pour une petite structure (ce qui représente l’essentiel des e-commercants).

    C’est un vaste problème. Avoir recours constamment à une agence pour le développement de sa boutique a de sérieuses limites : coût, intervenants de niveaux très variables (et les bons ont une nette tendance à bouger), communication perturbée par les intermediaires (le fameux « consultant ») et la motivation de l’équipe est pour l’agence, pas le client.

    Internaliser au moins une ressource me semble aussi vite nécessaire. En ce qui me concerne, j’ai opté pour un CDI + plusieurs free-lance, ayant chacun sa spécialité (WordPress, .net, graphisme). Les free-lance sont une intéressante alternative aux agences, le vivier est riche, le positionnement géographique peut ne plus être un facteur (je travaille avec un marseillais, un lillois et une parisienne). Les couts sont moindres qu’en agence, la motivation supérieure, et on les choisit.

  5. Romain Boyer dit :

    l’ergonomie du BO ne veut pas dire que l’équipe est efficace 😉
    Chez RDC, ils étaient 5 ou 6 à notre époque, et étaient complètement surchargés, les projets ne pouvaient avancer car tout était bloqué par le dév à l’international.
    Maintenant ils sont bcp plus, je vais faire une ITW de Yannick, j’en profiterai pour lui poser la question.

  6. « l’ergonomie du BO ne veut pas dire que l’équipe est efficace »
    C’est vrai mais ça veut dire que le « dev/chef de projet/autre » s’est occupé de ses utilisateurs. Et ça c’est loin d’être toujours le cas avec une agence externe, souvent moins impliquée.

  7. Jacques dit :

    Comment peut on faire avec 500.000€ de CA pour avoir deux ou trois salariés dédiés au site web coté technique ? Ce n’est pas réalisable avec les marges de la grosse majorité des e-commerçant à mon humble avis.

  8. Romain BOYER dit :

    Jacques, j’ai été dans au moins trois sociétés où ça a été le cas. C’est tout à fait réalisable 😉

  9. Jacques dit :

    Je veux bien le croire mais je suis curieux. Ces entreprises n’ont pas dû rester à 500KEUR depuis, non ? Étaient-elles rentables à plus de 5% de résultat net ?
    Il ne faut pas oublier qu’avec les charges sociales 100KEUR de brut pour les 3 salariés vont couter 150KEUR à la société. Il reste donc 100KEUR (avec 50% de marge) pour le reste : Transport, Google, Loyer , compta, service client, logistique, etc…
    Il faut rester rentable et investir…

  10. Romain Boyer dit :

    c’est vrai, elles ont évolué, dans un sens ou dans un autre ; c’est un investissement comme un autre, qu’il faut rentabiliser. Mais c’est à mon sens dans le web le meilleur investissement à faire (et à ne pas faire à la légère)

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