Interview de Yoan De Macedo, fondateur de la solution Thélia

par Benoit Gaillat - Il y a 3 ans

Aujourd’hui je vais vous présenter Thélia, une solution e-commerce française (et oui une de plus !) assez peu connue comparé aux mastodontes comme Prestashop et Magento.

Mon ami Ludovic ayant déjà parlé du projet il y a pas longtemps (que je vous conseille de lire ici) je vous propose une petite interview plus orienté sur le marché du e-commerce d’un point de vue éditeur.

Bonjour Yoan, d’abord pour ceux qui n’aurait pas eu le courage de cliquer sur le lien ci-dessus peux tu te présenter (avec Thélia) et nous raconter depuis quand tu es dans le E-commerce ?

Bonjour Benoît. Nous avons créé Octolys, la société éditrice de Thelia, en juillet 2005. La première archive de Thelia sous licence GPL a été diffusée en décembre 2006.
Thelia est un CMS e-commerce personnalisable à souhait, orienté webdesign et très simple d’utilisation.

Plusieurs milliers de boutiques tournent aujourd’hui à l’aide de Thelia et Octolys a travaillé sur plus de 200 projets.

 

Le marché des solutions E-commerce est assez concurrentiel (tout comme le e-commerce) quel est son avenir d’après toi à deux ou trois ans ?

La solution e-commerce ne représente qu’une partie des nombreuses briques nécessaires pour monter un projet de qualité. Entre les solutions open source, les solutions propriétaires, les solutions SaaS, le marché est aujourd’hui bien couvert. Ceux qui ont les finances nécessaires s’orientent vers un marché mondial, les autres restent dans un environnement plus local.

Pour qu’une solution survive, elle doit apporter un plus, une fonctionnalité exclusive, un service particulier. Je pense que les solutions sur la place depuis depuis déjà plusieurs années vont perdurer. En revanche, je ne pense pas que l’on verra de nombreuses nouvelles solutions « globales » arriver sur le marché. J’imagine bien de nouveaux CMS orientés mobiles par exemple, plus ciblés.

 

Comment analyserais-tu les différents projets E-commerce que tu vois ? Est ‘ce plutôt des projets cohérents ou faut’il encore beaucoup d’évangélisation ?

Je vois de tout mais globalement, « l’évangélisation » est encore nécessaire. Je crois que le marché va « s’autoréguler » dans les années à venir et le phénomène a même déjà commencé. Monter une boutique de qualité demande un certain investissement et il est dangereux de croire qu’avec un budget restreint il sera facile de s’en sortir. Bien entendu, des exceptions existent mais dans l’ensemble les projets qui fonctionnent sont ceux qui ont pris au sérieux cet élément.

 

Amazon est une vrai pieuvre du E-commerce, les petits ecommerçants ont ‘ils une chance de s’en sortir d’après toi ?

Oui et … non. Vendre un produit grand public va devenir de plus en plus difficile. Les « hypermarchés » du web à travers un travail sur le volume et une marge ridicule vont probablement engloutir les petits. C’est triste mais je ne vois pas vraiment d’autres issues possibles. Un exemple simple : la chaussure. C’est réellement de plus en plus compliqué de lutter face aux géants.

En revanche, inventer une marque, proposer un produit de niche est une véritable opportunité sur le web. Là où une boutique physique dans une petite rue piétonne a des difficultés à survivre, internet offre une visibilité incomparable.

Le e-commerce est donc loin d’être terminé pour les petits mais avant de se lancer, il est important d’analyser précisément son produit.

Quels sont les meilleurs projets e-commerce que tu ais vu ces derniers mois ?

Pour être honnête, je n’ai pas été marqué par un projet en particulier. Ces derniers mois, on a surtout vu apparaître de nouvelles façons de vendre.

Les utilisations intelligentes du mobile par « Vente Privée » par exemple ouvrent une porte vers l’avenir.

La réalité augmentée laisse entrevoir de belles possibilités. (voir ici par exemple)

Les réseaux sociaux sont enfin pris en compte et j’ai surtout découvert des refontes prenant en compte les notions de marketing, de fidélisation qui n’étaient pas encore toujours évaluées à leur juste valeur.

 

Quelles sont les erreurs les plus classiques des e-commerçants débutants d’après toi ?

Le budget marketing est trop souvent oublié dans le budget de départ. C’est une grave erreur car il est primordial.

Acheter du conseil est souvent trop abstrait pour le e-commerçant. C’est bien dommage car le retour sur investissement pourrait être bien plus intéressant avec les bons conseils.

Pour terminer, l’ergonomie est trop souvent négligée. La perte de chiffre d’affaires liées n’est pas simple à calculer mais elle est probablement phénoménale.

 

Merci Yoan pour ton temps.

Pour voir une démo de Thélia vous pouvez aller ici et pour en savoir plus c’est sur le site officiel de Thélia 

 

Benoit Gaillat

Diplômé de l'Hetic et travaillant depuis 8 ans dans l'e-commerce, Benoît aime tester et partager ses expériences e-commerce. Après avoir travaillé dans plusieurs start-up & grands groupes Benoit est désormais Co-fondateur de Skeelbox, l'agence de Conseils Ecommerce. Twitter | Profil sur Google Consulting E-commerce : 01 75 87 11 02

7 Commentaires

7 réponses à “Interview de Yoan De Macedo, fondateur de la solution Thélia”

  1. Salya dit :

    Nous avions utilisés Thelia pour la 1ère version du Twalendrier (calendrier Twitter) en 2009, bien que peu connue c’était déjà une bonne solution qui correspondait pleinement à nos besoins! Par ailleurs Yoan Manu et les autres sont super, toujours très à l’écoute de leur communauté :)

  2. Stéphane dit :

    J’utilise également Thélia pour mon site e-commerce qui a été réalisé par la société Inéolab de Strasbourg. Une très bonne solution pour nos sites en ligne.
    Merci :)

  3. Matthieu dit :

    Bon, article, on sent l’expérience réelle et le pragmatisme et les compétences d’Octolys, mais pourquoi diable continuer à véhiculer le cliché de libre = gratuit ?? (cf l’illustration). Ce cliché est aux antipodes de toute pédagogie/évangélisation, sauf à prendre le mot évangélisation au premier degré et de continuer à promouvoir ce dogme…

    Il me semble que l’équipe d’Octolys est capable de plus de finesse que cela et qu’ils y gagneraient à ne plus s’associer l’Open-Source à la notion de gratuité.

    Ce cliché amène en effet systématiquement le porteur de projet à penser que les prestations sont/devraient être également gratuites et induit souvent une absence d’estimation des coûts de fonctionnement.

    Je comprends bien que c’est du marketing, mais si les gens compétents ne font pas d’effort pour cultiver leur public, qui le fera ?

  4. Et juste par curiosité le projet à duré combien de temps pour le développement ?

  5. Yoan dit :

    Pour répondre à Matthieu, au contraire je dis toujours que le libre n’est pas gratuit.

    Et … tu as raison. Ce slogan traîne depuis longtemps sur le site.

    Je viens de le supprimer. Merci pour cette judicieuse remarque.
    Je suis le premier à râler après cette confusion !

    Je viens de remplacer la formule par « libre et accessible »

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